Introduction
La création de l'Organisation Internationale de la Rwandophonie (OIR) représente une étape significative vers la résolution de la fragmentation historique du peuple Banyarwanda, dont le territoire s'étend sur plusieurs pays d'Afrique centrale et orientale en raison des frontières coloniales établies lors de la Conférence de Berlin (1884-1885), et des manipulations qui ont suivi pour diviser ce peuple, au profit de la stratégie de "diviser pour régner", ainsi que des manipulations ultérieures à des fins politiques.
Contexte historique et défis:
Fragmentation due aux frontières coloniales: La Conférence de Berlin a précipité la division des Banyarwandas à travers plusieurs États-nations, y compris le Rwanda, l'Ouganda, la République Démocratique du Congo, la Tanzanie et le Burundi. Cette fragmentation a fait des Rwandophones une population minoritaire dans chacune de ces régions, les rendant vulnérables aux pratiques discriminatoires. Des cas notables de discrimination ont eu lieu en République Démocratique du Congo, en Ouganda dans les années 1980 et 1990, et, plus récemment, en Tanzanie, où des preuves suggèrent qu'ils font face à des menaces significatives. Pour naviguer dans ces tensions complexes, l'Organisation Internationale de la Rwandophonie (OIR) doit favoriser une identité pan-Rwandophone cohésive tout en restant sensible aux spécificités contextuelles locales.
Héritage des stratégies coloniales de "diviser pour régner": Avant l'arrivée des Arabes et des colonisateurs européens, les Banyarwandas possédaient une trajectoire historique sophistiquée et une structure communautaire avancée. La résilience inhérente de ce cadre sociétal a rendu la gouvernance difficile pour les puissances coloniales, qui ont par conséquent employé une stratégie de "diviser pour régner" pour fragmenter la communauté. Cela a été réalisé en rigidifiant les classifications sociales préexistantes de Tutsi, Hutu et Twa en identités tribales rigides, catalysant ainsi des animosités intergroupes. Cette division artificiellement construite a précipité des épisodes récurrents de violence, notamment le génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda.
Exploitation politique post-indépendance:
Rwanda: Après l'indépendance, le gouvernement dirigé par les Hutus a promu le "Hutu Power", dépeignant les Tutsis comme une menace étrangère. Cela a conduit à une discrimination systématique, une propagande anti-Tutsi, et a culminé avec le génocide de 1994 contre les Tutsis, qui a causé la mort de plus d'un million de personnes.
Burundi: Un régime militaire dominé par les Tutsis a exclu la majorité Hutu, entraînant des cycles de violence, y compris les massacres de 1972, où Tutsis et Hutus se sont massacrés mutuellement. Le Burundi a ensuite tenté d'adopter un modèle de partage du pouvoir pour atténuer les tensions ethniques, mais la division entre les deux communautés persiste.
Le Twa: Largement marginalisés et exclus de la représentation politique, ils ont souvent été utilisés par des groupes armés mais sont restés politiquement insignifiants dans les conflits Hutu-Tutsi.
Impact socio-psychologique:
Les faits historiques de discrimination et de division ont eu un impact dévastateur et multidimensionnel sur la communauté Rwandophone en Afrique de l'Est. Les cicatrices sociales et psychologiques sont évidentes dans l'adoption de stratégies de survie autodestructrices, telles que la perte d'identité et le développement de comportements semblables au syndrome de Stockholm.
Les conséquences politiques forment un cycle tragique d'exclusion, de violence et de fragmentation interne, tous enracinés dans le narratif persistant et politiquement motivé de leur "étrangeté" et de leur illégitimité. Le cas des Banyamulenges est un rappel frappant de la manière dont ces conséquences se manifestent, démontrant qu'une tentative délibérée d'affirmer une identité distincte ne peut surmonter les préjugés profondément enracinés et les griefs historiques qui ont été utilisés pour opprimer les Banyarwandas pendant des décennies.
Pour contrer ces divisions historiquement ancrées, l'Organisation Internationale de la Rwandophonie (OIR) s'engage à établir des synergies de communication entre les différentes organisations représentant les communautés Banyarwanda, telles qu'ISOKO, l'Organisation Hutu, l'organisation Twa et l'Organisation Isangano. Cette initiative vise à faciliter l'affiliation de ces organisations à l'OIR sans nécessiter leur dissolution, tout en permettant aux membres individuels de rejoindre en tant que participants autonomes.
C'est dans ce cadre socio-politique plus large qu'une coalition d'individus Rwandophones concernés, représentant divers horizons professionnels et personnels, s'est réunie pour inaugurer l'Organisation Internationale des Banyarwandas. Cette initiative a été précipitée par l'impératif d'aborder les défis et les fragmentations historiquement enracinés affectant la communauté Rwandophone à travers de multiples contextes nationaux.
